Avant que
tu te réveilles Arnaud, j'écris une note. Tu n'auras qu'à l'effacer quand ton sommeil touchera à sa fin.
La semaine passée Jaromil s'est déplacé à Mâcon pour enchanter 400 escrimeurs au parc des expositions. Sur une scène maculée de plantes vertes diverses il a, malgré sa solitude apparente, pris un certain plaisir à ne pas savoir ce qu'il faisait là mais à être là quand même. A monter sur le buffet pour attirer l'attention. A parler aux sourds. A regarder ce jeune homme attentif sur la gauche. A s'amuser avec ses derniers films Polaroïd. A partir et manger du rosbeef au clair de lune, au bord d'un lac dans lequel il est tombé.
Le vendredi de la même semaine il est allé à Lyon, pour ne pas se reconnaître.
Maintenant il prépare son disque, sans mi aigu, avec un cerveau à moitié fonctionnel, des rythmes qui bouent d'impatience à l'idée d'être enregistrés, des sons de guitare.
